Elevage caprin des Nouroux

Poursuivant notre balade printanière en Picardie / Normandie, après la visite de l’atelier de Joseph (qui nous avait permis de goûter à ses délicieuses pâtes artisanales), nous avons passé un bon moment avec Catherine, éleveur de chèvres laitières à La Ferté Saint Samson, près de Forge les Eaux en Seine Maritime (76). Ses fromages et produits laitiers sont en vente dans notre Ruche pour la première fois cette semaine – vous aviez eu l’occasion de les goûter lors d’une dégustation sur la distribution il y a quelques semaines. Récit d’une rencontre.

Pas facile de trouver la ferme de Catherine, au bord d’une petite route coincée entre deux collines verdoyantes. Heureusement, on aperçoit les biquettes, tranquillement en train de paître sous le soleil. Accueil par le chien de la maison, très content de voir de nouvelles têtes, et par Catherine, souriante et ravie de nous raconter son aventure.

Après toute une carrière à La Poste, Catherine a voulu réaliser son vieux rêve : élever des chèvres. Ce fût le classique parcours du combattant : trouver la terre, les financements, acquérir le cheptel, etc. Elle s’est lancée voilà 5 ans, en 2009. Et s’épanouit dans ce métier, malgré sa rudesse et le complet investissement qu’il exige.

Son troupeau compte aujourd’hui une trentaine de chèvres, de race alpine pour la plupart – race très rustique et résistante. Chacune a son prénom, les petites (nées en février – mars) également. Lorsque nous descendons les voir dans la pâture, elles se lèvent toutes comme un seul homme et accourent, curieuses et heureuses de voir Catherine. Elles nous sollicitent de toutes parts et goûtent tout ce qui dépasse : ceinture de l’imperméable, pantalon un peu trop large, etc !

Catherine nous explique que ses chèvres sortent toute l’année. Elles sont nourries à l’herbe de la prairie, au foin et au trèfle – que lui fournit un paysan voisin également en bio. Et également avec un mélange de céréales : orge, triticale, avoine, vesse. « Je leur donne aussi du sel, car leur corps a besoin de ce minéral et elles le recherchent s’il n’est pas mis à leur disposition ».

Une chèvre a une durée de vie de 12 à 15 ans si tout se passe bien. « Malgré la rusticité de la race, elles peuvent tomber malades et dans ce cas, cela peut aller très vite. L’année dernière, j’ai perdu 5 laitières… ». Des parasites, notamment, peuvent se développer dans leurs intestins. La solution, c’est d’organiser un cheminement entre différentes parcelles afin que les chèvres ne reviennent pas sur une parcelle donnée avant que les risques d’infestation aient diminué. Catherine leur administre, en plus, un traitement aux plantes. Les chèvres ne sont soignées que par homéo*, phyto* et aromathérapie.

Les chèvres alpines donnent 2 à 3 litres et demi de lait par jour (contre 1,5 à 1,8 litres pour des poitevines, mais avec un meilleur rendement fromager pour ces dernières en raison d’une plus forte synthèse de la caséine contenue dans le lait). A partir de ce lait, Catherine fabrique des fromages, du yahourt, du fromage blanc, de la faisselle, etc (pour une cinquantaine de fromages par jour). « Je trais le matin, de 6 heures à 8 heures et demi. Ensuite, j’ai à peu près 4 heures de travail de transformation à la fromagerie, en incluant la vaisselle ». Et ça fait envie : plein de petits fromages, blancs ou cendrés, de toutes formes, sagement rangés sur les étagères…

Catherine nous montre également la bergerie, où les chèvres dorment, un grand bâtiment de pierre qui ne manque pas d’espace. C’est là aussi que la plupart mettent bas, avec l’aide de Catherine. Les petits chevreaux et chèvres naissent tous à peu près à la même période, après une gestation de 5 mois, à raison de 2 à 3 chevreaux par portée. C’est sur Edgar, le bouc alpin, que repose la saillie des chèvres de plus d’un an et demi, à l’automne précédent. « La période des naissances est très intense. Il peut y avoir plusieurs naissances par jour, la journée, la nuit. Le plus souvent cela se passe bien mais quand il y a des complications, c’est dur, ça peut devenir très physique… ». Les chevrettes gardent leur place dans le troupeau et deviendront à leur tour des laitières. Elles commencent à brouter à peu près un mois après leur naissance, leur mère les ayant jusqu’alors allaitées. Les chevreaux, quant à eux, sont vendus pour leur viande à partir de 3 mois.

Et l’avenir ? Catherine nous parle autour d’un verre de jus de pomme bio de son projet de rassemblement de fermes, sous forme de groupement, avec un de ses voisins, éleveur bovin également en bio. A deux, ils ont déjà lancé une activité commune d’élevage de poules pondeuses rousses, de race Lohmann Brown (vous trouverez leurs bons œufs en vente pour le 27 juin). « Tout seul, on s’épuise. On a la tête dans le guidon, les vacances, n’en parlons pas… On voudrait faire entrer des jeunes dans le groupement, pour prendre la suite et aussi pour maintenir nos terres en bio. Comme il y a un gros problème d’accès à la terre, cela pourrait aussi aider ces jeunes à concrétiser leur projet. Sinon, un hectare de prairie coûte 7 à 10000 euros, sachant qu’en plus, tout est déjà pris ou bien part à l’agrandissement des parcelles existantes… ».

A suivre… Et d’ici là, vous trouverez les produits de Catherine en vente dans notre Ruche, sans doute une fois par mois pour commencer, en alternance avec les produits laitiers de vache de Jean-Marie Beaudoin.

Par ailleurs, si la problématique de l’accès à la terre pour les paysans vous intéresse et que vous voulez changer les choses, n’hésitez pas à faire un tour sur le site de Terre de liens, association qui aide les projets d’installations paysannes à se concrétiser en les soutenant et en achetant, via la Foncière Terre de liens, des terres pour ces projets : www.terredeliens.org/.

 

[NB : à la suite d’un petit problème technique, nous avons perdu les photos destinées à illustrer cet article… Désolées ! Il faudra faire une autre visite…]

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